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Le diapason 528 Hz est-il un mythe ?
Le diapason 528 Hz est-il un mythe ?

par Emmanuel Comte, compositeur, chercheur, auteur et formateur

 

Il offrit : un plat d'argent du poids de cent trente sicles, un bassin d'argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du sanctuaire, tous deux pleins de fleur de farine pétrie à l'huile, pour l'offrande

 

Nombres, 7

 

Emmanuel Comte est auteur des livres :

¤ Le Son de Vie, Québécor 2011

¤ Le Son des Vibrations, Québec-Livres 2015, Dangles, 2015.

¤ Le Son d'Harmonie, MedSon 2012.

 

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Sonologie, Sonothérapie, Enseignement, Création, Recherche

Résumé

Le diapason 528 Hz est un autre dossier qui mérite quelques éclairages rafraichissants.

 

La bonne compréhension des fréquences, des sons et des vibrations thérapeutiques, est un sujet qui nous anime depuis de nombreuses années. Cette article est un complément de celui écrit au sujet du diapason à 432 Hz.

 

Le but de la démarche que j'entreprends par ces lignes, est de rendre plus consciente l'utilisation des sons et des fréquences et de participer à leur bonne intégration.

 

Voici donc quelques éclaircissements par rapport à un autre diapason à la mode : le 528 Hz et les diapasons appelés Solfeggio.

J'ai appris l'existence de ces diapasons il y a quelque années par mes stagiaires que je remercie ici et j'ai dû m'y intéresser. Ce que j'ai découvert après quelques recherches, est un discours qui me semble farfelu, ressemblant à s'y méprendre à celui cherchant à justifier l'emploi du précédent diapason évoqué, soit le 432 Hz. J'ai découvert un discours sans aucun fondement scientifique, à un point tel qu'il me semble également utile de clarifier la question.

 

De quoi s'agit-il?

Certains auteurs, abondamment repris sur le web, évoquent dans leurs écrits, l'emploi de fréquences d'un soi-disant solfège ancien, qui n'existe que dans leur imaginaire. À la lumière de ce qui a été exposé précédemment au sujet du La à 432 Hz, aucune étude musicologique sérieuse ne peut étayer les théories que nous allons exposer ici brièvement.

 

Le diapason 528 Hz, tel que décrit par leurs instigateurs à une imposture.

 

La première raison est que pour nous, le mot solfège, dans le sens moderne, est un mot représentant une matière de l'enseignement musical, qui a éloigné de nombreuses personnes du sens originel de la musique. Rappelons que dans les Conservatoires français et canadiens, l'enfant qui souhaite apprendre la musique, doit d'abord, suivre des cours obligatoires de solfège durant un minimum d'une année scolaire, sans pouvoir toucher le moindre instrument de musique. L'expression « cours de solfège » est synonyme de cours rébarbatifs ayant dégoûté pour la vie de nombreux enfants, qui auraient pu au demeurant être de grands musiciens. Comme le serait par exemple l'enseignement d'une langue, limitée dans son initiation, à l'apprentissage de règles de grammaire. Donc pour nous, le nom Solfeggio donné à des diapasons soi-disant thérapeutiques est à prendre avec des pincettes. Il est donc pour nous déplacé et n'a rien de vraiment original.

 

Si l'on s'intéresse à la signification étymologique du mot solfège, on retrouve le nom des notes Sol et Fa, d'où a été tiré le verbe solfier, désignant une manière de chanter en nommant le nom des notes. Le solfège a précédé un autre système plus récent, la solmisation, méthode d'apprentissage du chant.

 

La seconde raison et je pense avoir été clair à ce sujet, dans la précédente chronique sur le La à 432 Hz, est qu'il n'existe aucun référentiel fixe dans l'attribution des notes, sauf à une époque très récente et donc a fortiori en aucune manière au Moyen-âge. Affirmer le contraire est une pure invention qui ne repose sur aucune donnée historique. La référence fixe pour l'attribution du La date de 1859 pour le La 435 Hz, soit 150 ans. Et un demi-siècle pour le diapason actuel, soit en 1953 (norme ISO 440 Hz).

 

La langue latine chantée est une langue certes vibratoire mais nous exprimons de sérieuses réserves quant au contenu sémantique des chants grégoriens, dont les paroles issues du catholicisme n'ont parfois qu'un lointain rapport avec le message originel du Christ. Nous pensons plutôt que le véritable chant grégorien n'est pas nécessairement celui transmis par l'église catholique, qui en a extirpé beaucoup de composants originaux.

 

Les créateurs du mythe de la fréquence de 528 Hz, affirment des faits sans fondements, en se basant sur de soi-disant versets bibliques, extraits du Livre des Nombres, 7, 12-83, qui reproduiraient des « fréquences pythagoriciennes », 174-285-396-417-528-639-741 et 852 Hz, qui plus est, « répareraient l'ADN », rien de moins. Tout ceci sans l'appui de la moindre preuve scientifique, ni étude clinique permettant d'affirmer de telles prouesses. Je reproduis ci-dessous un extrait de la référence biblique à l'origine de l'affaire.

 

C'est une sorte de liste d'épicerie, formée par une longue énumération de mesures et de nombres d'items en vue de sacrifices aux dieux :

 

(...)

12 Celui qui présenta son offrande le premier jour fut Nachschon, fils d'Amminadab, de la tribu de Juda.

 

13 Il offrit : un plat d'argent du poids de cent trente sicles, un bassin d'argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du sanctuaire, tous deux pleins de fleur de farine pétrie à l'huile, pour l'offrande;

14 une coupe d'or de dix sicles, pleine de parfum;

15 un jeune taureau, un bélier, un agneau d'un an, pour l'holocauste;

16 un bouc, pour le sacrifice d'expiation;

17 et, pour le sacrifice d'actions de grâces, deux boeufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an. Telle fut l'offrande de Nachschon, fils d'Amminadab.

18 Le second jour, Nethaneel, fils de Tsuar, prince d'Issacar, présenta son offrande.

19 Il offrit : un plat d'argent du poids de cent trente sicles, un bassin d'argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du sanctuaire, tous deux pleins de fleur de farine pétrie à l'huile, pour l'offrande;

20 une coupe d'or de dix sicles, pleine de parfum;

21 un jeune taureau, un bélier, un agneau d'un an, pour l'holocauste;

22 un bouc, pour le sacrifice d'expiation;

23 et, pour le sacrifice d'actions de grâces, deux boeufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an. Telle fut l'offrande de Nethaneel, fils de Tsuar.

24 Le troisième jour, (...)

 

Sacrifice romain ressemblant à celui décrit dans Nombres, 7.

 

78 Le douzième jour, le prince des fils de Nephthali, Ahira, fils d'Énan,

79 offrit : un plat d'argent du poids de cent trente sicles, un bassin d'argent de soixante-dix sicles selon le sicle du sanctuaire, tous deux pleins de fleur de farine pétrie à l'huile, pour l'offrande;

80 une coupe d'or de dix sicles, pleine de parfum;

81 un jeune taureau, un bélier, un agneau d'un an, pour l'holocauste;

82 un bouc, pour le sacrifice d'expiation;

83 et, pour le sacrifice d'actions de grâces, deux boeufs, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d'un an. Telle fut l'offrande d'Ahira, fils d'Énan.

 

Guy d'Arezzo, l'« inventeur » des notes, selon la tradition catholique Joseph Puelo et Len Horowitz.

 

Joseph Puelo et Len Horowitz à l'origine de cette histoire abracadabrante, écrivent que ce texte a été déchiffré en utilisant l'ancienne méthode pythagoricienne (?), permettant de réduire les versets bibliques en de simples chiffres.

Signalons au passage que n'est pas une méthode pythagoricienne que de réduire un texte en nombres. Cela s'appelle de la numérologie. En prenant n'importe quel texte au hasard, un annuaire téléphonique, par exemple, il serait possible d'en tirer des nombres et de construire un système de fréquences et de broder toute une histoire aussi farfelue que celle que nous décrivons ici, sans oublier d'ajouter les ingrédients du mystère et de saupoudrer quelques pincées de magie.

 

Ensuite, ces auteurs affirment que ces codes ont révélé une série de six fréquences électromagnétiques, correspondant à six notes disparues de l'ancienne échelle de notes appelées fréquences solfeggio.

Notes pas disparues du tout Fréquences solfeggio est une expression inventée par Leonard Horowitz et Joseph Puleo en 1999. Il s'agit d'une gamme musicale se référant à une croyance selon laquelle un ensemble de six fréquences issues de la numérologie auraient été utilisés depuis des siècles dans les chants grégoriens et sanskrits. On se demande bien ce que le sanskrit vient faire là au milieu.

 

Le diapason illustrant un article de Jacques Chailley.

 

Cela me semble très curieux, car il n'existait aucune fréquence de référence dans l'Antiquité ni au Moyen-âge, tout au plus, les tons graves, médium et aigus, basés sur la vocalité humaine.

 

Ensuite ils font tout un plat du fameux hymne à la St-Jean-Baptiste, (voir illustration ci-dessus) qu'ils présentent comme un chant mystérieux et caché, alors que ce chant n'est ni caché, ni mystérieux.

 

Il est au contraire très connu et pas mystérieux du tout. Il suffit d'ouvrir n'importe quelle encyclopédie à l'article Notes musicales, pour s'en convaincre. Ils affirment ensuite que les fréquences qu'ils donnent sont celles de cet hymne, ce qui est une invraisemblance historique.

Ces fréquences ne peuvent donc pas avoir été perdues, puisqu'elles n'existaient pas, au sens où nous l'entenderions de nos jours.

Rappelons que, selon le musicologue réputé, Jacques Chailley, les anciens Grecs ne diapasonaient pas les hauteurs et que la normalisation officielle des notes en Europe date seulement de 1859.

 

Ut Queant Laxis, l'hymne à la St-Jean Baptiste : les premières syllabes de chaque phrase ont donné les notes de la gamme initiée par Guy d'Arezzo.

 

Les Grecs disent seulement « les tons », c'est-à-dire ce qui concerne « la tension des cordes »; les spéculations sur ces tons ne visent que la façon de répartir les intervalles entre les cordes de la lyre et commentent des diagrammes théoriques. Tout ce qui a trait aux hauteurs de note se calcule sur le monocorde pythagoricien, c'est-à-dire sur un instrument d'une extrême précision quant aux mesures d'intervalle, mais d'une imprécision non moins extrême, en ce qui concerne l'accord initial, dont il n'est jamais parlé.

 

Les fréquences dont il s'agit ici ne peuvent se baser sur aucune donnée musicologique. Aucune hauteur spécifique n'était fixée au Moyen-âge ou avant, à part en Chine, dans des conditions très restreintes. De plus les intervalles donnés dans ce système sont faux et ne suivent pas la logique pythagoricienne auxquels ces auteurs osent se référer.

 

Si 528 Hz est un Mi, les autres fréquences indiquées ne répondent à aucun ratio pythagoricien ou zarlinien. Si le 528 Hz est du Do (ce qui serait plus logique, vu la hauteur de la note), on obtient alors un La à 440 Hz dans le système zarlinien (ratio 5/3), fréquence que ces fantaisistes auteurs sont censés combattre, car elle désaccorderait selon eux l'esprit et serait le fruit d'une conspiration mondiale, orchestrée par les Illuminati (rien de moins).

Nous avons encore une fois été clairs au sujet du La à 440 Hz et avons expliqué que cette fréquence était utilisé depuis l'époque baroque en Europe, soit bien avant le 20e siècle où elle est devenue une norme internationale. Ces auteurs affirment enfin que la fréquence de 528 Hz serait bien connue des biologistes et qui plus est, efficace pour réparer l'ADN. Nous n'avons vu cela publié nulle part.

 

Les auteurs cités, écrivent aussi que 528 Hz serait la fréquence de l'amour. Pourquoi pas, me direz-vous? Je pense que limiter la vibration d'amour à la note d'un diapason accordé à la fréquence de 528 Hz est très réductionniste. La fréquence d'amour et toutes ses harmoniques dépassent largement l'émission d'une petite note accordée à ce diapason-là.

 

Toutes ces théories nous semblent donc de pures inventions sans fondement à part celui de la fantaisie et la mystification. L'affaire Solfeggio nous semble être une farce et un canular et il nous paraissait important de le dénoncer. Et même si en parler c'est amplifier le phénomène, cette citation vous permettra de savoir vous prémunir des mystifications présentes ou futures, grâce à la démarche scientifique que nous cherchons à développer en tout et qui permet de se libérer des mémoires de mystifications embrumées qui nous engluent dans des concepts dépassés. Nous avons besoin de lumière pour mieux comprendre et intégrer les sons et les fréquences et l'équipe du Centre MedSon espère que ces lignes permettront à nos lecteurs et lectrices d'y voir plus clair.

 

Le diapason 528 Hz.

 

© 2014 Emmanuel COMTE medson.net

 

To reed the same story in English: 528 Hz Myth

Autre article sur un sujet connexe : Le mythe du Diapason 432 Hz

Chanter à son propre diapason : Exemples du chant intuitif
Références

¤ Jacques Chailley, Le diapason ancien, in Musica N°17, août 1955, p.38.

¤ La Bible, Nombres, 7, 12-83.

Notes complémentaires

¤ Les ratios de la gamme de Pythagore sont :
1 - 9/8 - 81/64 - 4/3 - 3/2 - 27/16 - 243/128 - 2


¤ Gioseffo Zarlino 1517-1590 est un compositeur italien qui a cherché à améliorer la gamme de Pythagore, dont les tierces sont fausses. Sa gamme appelée gamme naturelle ou gamme de l'intonation juste, répond aux ratios suivants :
1 - 9/8 - 5/4 - 4/3 - 3/2 - 5/3 - 15/8 - 2.

  • Le Son touche l'enveloppe musicale de l'être.

  • La plus belle musique est celle qui émane de son être.

  • La musique est faite de silence. Le silence n'existe pas. La musique existe-t-elle ?